Accueillant par nature, le stop en Nouvelle-Zélande avec des kiwis, c’est plutôt du genre « Easy Peasy ». On garde certains souvenirs mémorables de cette expérience qui nous a parfois charmé, parfois déstabilisé.

Trois mois avant la fin de notre voyage, on prend la décision de vendre la voiture pour continuer l’aventure en stop. Après avoir bataillé pour faire rentrer le bardas accumulé sur plus d’un an dans nos sacs (et avoir fait un sacré tri), on prend la route, direction une nouvelle page de notre voyage !

Le stop en Nouvelle-Zélande : des rencontres mémorables

La simplicité du stop en Nouvelle-Zélande n’est vraiment pas enjolivée : les gens sont pour la plupart ravis de vous offrir un lift (un trajet). Le seul souci, c’est qu’ils font rarement des trajets de plus de 5 kilomètres.

Mais quand cela arrive, c’est généralement des rencontres qui nous marquent. Dans le bon sens le plus souvent, mais aussi qui nous ont laissés perplexes.

On pense par exemple à la première conductrice qui nous a permis de sortir d’Auckland et d’atteindre Magawhai. Elle a certainement été l’apothéose d’une journée épique ! Avant de monter en voiture, elle demande à prendre en photo nos passeports. Jusque là, pour une nana seule, on comprend et on accepte.

Le trajet a été pourtant très long. L’une de ses premières questions a été de savoir si on avait rencontré les « natives » de Nouvelle-Zélande. On commence à lui retracer nos diverses expériences en wwoofing… Mais elle nous coupe pour raconter toute la colère qu’elle a contre les Maoris. Je me souviendrai toujours d’une de ses remarques : « on leur a apporté le savoir, les vêtements, la nourriture, ils n’avaient rien avant… Et comment ils nous remercient ? Ils font des procès pour récupérer nos terres ! »… Un peu bouche bée devant ce discours, on a vite abandonné l’idée d’entrer dans une discussion. Son idée bien arrêtée, elle nous explique qu’en tant qu’étrangers, on ne peut pas comprendre. Ainsi soit-il !

stop Dargaville

Nouvelle journée de stop : on est plein d’entrain !

Il y a eu très peu de rencontres de ce type. Deux, pour être exacte, sur un nombre incalculable de personnes croisées pendant nos trajets.

On préfère se souvenir des meilleurs moments : de ce représentant commercial au volant d’un 4*4 derniers cris, dont on ne penserait jamais qu’il allait s’arrêter, en pleine forêt de Waipoua. À bord, le conducteur nous raconte plein d’anecdotes sur son pays, et nous demande plein d’info sur la France. De cette femme adorable qui nous promènera plus tard jusqu’aux portes du Coromandel. Ou encore de celle, qui, de peur qu’on passe la nuit dehors, nous propose gîte et couvert si jamais on ne trouvait pas de voiture pour nous conduire de Paeroa à Tauranga.

Ces rencontres éphémères sont toujours bienveillantes. Jamais nous ne sommes tombés sur des gens tordus, quand bien même on ne partageait pas forcément leurs idées. Nos discussions nous ont vraiment permis d’en apprendre plus sur la réalité de la Nouvelle-Zélande avec ses beaux côtés et ceux moins reluisants.

Le stop c’est génial… les aléas un peu moins !

Et puis voyager en stop, c’est aussi se laisser porter par le moment. C’est savoir patienter, le pouce levé sur une route déserte…

On a voulu aller voir le kauri géant, Tane Mahuta, en stop, au beau milieu de la forêt de Waipoua. Un endroit vraiment superbe qu’on a eu le temps de découvrir sous toutes ses facettes, car on a croisé absolument aucune voiture de la journée.

En milieu d’après-midi, après une heure d’attente, on se décide à marcher le long de la route, au coeur de la forêt, chargés comme des ânes.
Si d’habitude on attend jamais très longtemps, on s’est sentis vraiment seuls au monde dans l’immensité du parc national… Surtout quand on s’est aperçu que pour seule nourriture mangeable en l’état, nous avions une petite boite de thon chacun

À 10 kilomètres de là se trouveraient camping pour se reposer et café pour se restaurer. On se motive à marcher, même si la pluie et le froid s’en mêlent. Toujours pas de voiture à l’horizon.

Le stop et ses aléas, c’est donc se taper 10 bornes à pied, bien chargés, avec l’espoir de trouver repos et réconfort puis d’arriver LE jour, l’unique jour annuel, de fermeture du café… Un grand moment de solitude !

On en a vécu un autre grand moment de solitude… Enfin grand… long plutôt, car en trois jours sur la East Coast, nous avons avancé de moins de 20 kilomètres ! Dans cette zone peu habitée et peuplée de tribus maories, la communauté était en deuil et n’avait pas franchement la tête à prendre deux auto-stoppeurs pour faire causette. Et pourtant, plusieurs personnes, habitants aux alentours, sont venues nous tenir compagnie cinq minutes par-ci, cinq minutes par là durant nos 3 jours de galère. Certains ont été jusqu’à contacter des amis pour les avertir de s’arrêter pour nous, s’ils croisaient notre route ! Et c’est d’ailleurs ce qui est arrivé !

Comme quoi, on est jamais seul très longtemps en faisant du stop en Nouvelle-Zélande. C’est du stress, de l’ennui, des moments vraiment pas chouettes sous la pluie et le vent, des longues heures d’attente. Mais surtout des rencontres et de beaux moments avec des kiwis, qui nous ont partagé un morceau de leur vie et qui nous ont aidés, sans rien demander en retour.

  1. Bonjour !
    Merci pour votre article ! je pars en Nouvelle Zélande en février prochain pour un visa vacances travail et j’adore votre blog, mille merci ! Justement, je compte passer mon premier mois à voyager en stop et en auberges de jeunesse dans le pays afin de rencontrer un max de monde, d’entendre parler les gens de leur pays, d’en apprendre plus en vivant de belles expériences humaines. Du coup votre article me conforte dans mon projet, c’est génial. Je vous laisse en lien un article sur la Bretagne, j’espère qu’il vous plaira 😉 (et sur mon blog, j’ai aussi fait un article sur le stop, je pense que vous seriez assez d’accord sur ce que j’en dis vu votre article ! ça fait plaisir de partager ce genre de point de vue !)

  2. Eleonore Plus d'un Tour dans mon sac says:

    Merci pour cet article! Je pars en NZ en avril prochain et je compte moi aussi me déplacer en stop 🙂 Je vois que la NZ est un peu comme l’Islande, plein d’endroits déserts et donc pas ou très peu de voitures dans certains endroits. En tout cas, ça me réconforte sur le fait que ce ne soit pas trop difficile non plus ^^ J’espère pouvoir lire d’autres articles sur vos aventures en stop! 🙂

    • En avril, tu devrais pouvoir trouver facilement du monde, selon les endroits où tu veux aller 😀 On prépare d’autres articles sur les anecdotes cette fois ! A venir prochainement !

  3. Super article ! Que d’aventures ! Bon effectivement je comprends que tu te soies bien passée de la première virée à al sortie d’Auckland, mais la bêtise n’est pas que française et même si on les adore nos Kiwis, ils ont leurs lots à part comme tout autre pays. Heureusement que la suite a été plus sympa. Je n’avais jamais essayé le stop quand je vivais là-bas, mais ton expérience montre que les gens sont encore ouverts et super sympas à ce genre de moyens de transport, même si l’attente est parfois longue :p

    • Et encore, les meilleures anecdotes sont à venir ! De toute façon, malheureusement, il y a de part et d’autres de gros ressentiments. Espérons que ça s’apaise avec le temps et les générations, mais comme partout, certains sont plus durs à convaincre !

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