En Nouvelle-Zélande, le printemps est revenu le 1er septembre dernier. Même si le beau temps n’est pas encore toujours au rendez-vous, les températures remontent et les envies d’évasions se font plus pressantes !

La semaine de travail à la Packhouse s’achevant, nous avons pris la route pour découvrir la Bay of Plenty. Cette fois-ci, direction Rotorua où l’on retrouve nos anciens colocataires et compagnons de galère de kiwis. Au programme : des chutes d’eau, des vallées volcaniques, une ville fumante et un village maori.

Where was it ?

Comme d’habitude, voici une carte pour situer Rotorua et Taupo.

La région est particulièrement réputée pour son activité volcanique intense. C’est aussi, aujourd’hui encore, l’un des principaux bassins de la culture maorie.

Quelques dizaines de kilomètres séparent Papamoa (notre lieu de campement) de Rotorua. Pourtant, le paysage change du tout au tout à l’abord de cette partie de la Bay of Plenty. Sauvage, accidentée, parsemée de montagnes fumantes, la campagne de Rotorua semble cacher beaucoup de secrets.

La cascade des Huka Falls

Arrivés en fin de soirée, nous avons posé notre van dans le camping des Reids Farms Reserve situé sur la route de Taupo. Ce campsite est idéalement placé près des Huka Falls et surtout gratuit pour tous les véhicules ! Une aubaine quand on sait que la région est hyper touristique et que les places de camping sont plutôt onéreuses dans le coin.

Camping gratuit Huka Falls

Le lendemain matin, après avoir exploré rapidement les alentours du campsite et observé les premiers bourgeons sur les arbres, on prend la voiture, direction les Huka Falls.

Depuis le parking, il est possible de s’engager dans une balade d’une petite heure le long de la rivière Waikato. Mais le programme du jour est chargé et la mâtinée un peu trop avancée : on préfère se contenter des chutes et on n’est pas déçus.

Dès le pont qui relie les deux rives, on sent toute la puissance de la Waikato River qui s’alimente directement dans le lac Taupo. L’eau, d’un bleu glacé est charriée à une vitesse folle. Ce phénomène est si intense qu’aujourd’hui encore, la rivière continue de creuser son lit dans les parois de pierre qui l’entourent.

Waikato River et Huka Falls à Rotorua

Le bruit des chutes d’eau se rapproche au fur et à mesure qu’on descend le chemin le long de la rivière. De notre piédestal, on découvre alors les fameuses Huka Falls. Cette cascade n’est pas impressionnante par sa hauteur (à peine 11 mètres), mais par son débit : ce sont pas moins de 220 000 litres d’eau qui se jette dans la rivière chaque seconde ! Pour vous donner une idée, il suffirait d’une minute à ces Falls pour remplir une piscine olympique !

Les Huka Falls dans toute leur splendeur

On se demande encore quel pari avait bien pu perdre ce chef maori qui s’était mis en tête de descendre ces chutes en Waka (le canoë maori) !! Il faut vraiment être sacrément fou pour s’aventurer là-dedans !

Le bruit est tout aussi impressionnant. Face à cette cascade, on se sent petit… C’est d’ailleurs un sentiment qui ne va pas nous quitter du week-end.

Quand un bain de boue donne envie

Après un long moment à admirer les Huka Falls, nous reprenons la route en direction de la Waimangu Volcanic Valley. Nous faisons un crochet vers Wai-O-Tapu et ses stations géothermales pour découvrir une mud pool.

La Mud Pool de Wai-O-Tapu

La piscine de boue en ébullition est en accès libre et gratuit. À cet endroit, la température de cette « flaque » de boue (de 45 mètres de large quand même !) oscille entre 60 et 80°. Le phénomène est captivant : on est resté de longues minutes à observer les bulles exploser et la vapeur s’en échapper.

Je ne m’aventurerai pas à vous expliquer les procédés chimiques qui entraînent la création des mud pool. Mais de ce que nous avons compris, tout se joue entre 10 et 100 mètres sous nos pieds. Les gaz souterrains se mélangent aux sources thermales, ce qui fait bouillir l’eau. Lorsque cette dernière remonte à la surface, elle est tellement acide et chaude qu’elle attaque, dissolve et digère de nombreux minéraux pour former cette boue visqueuse et bouillonnante.

Mud pool explosion

On est impressionné par cette piscine de boue géante, mais on n’a encore rien vu…

Waimangu Valley : la Terre en colère

L’après-midi, nous prenons la route de la Waimangu Valley, un site volcanique qui cache dans un immense parc des lacs bouillonnants, des piscines de boue, des terrasses de marbre, des geysers…

L’entrée coûte 36$ par personne. C’est un peu cher, mais si l’on veut voir des choses du côté de Rotorua, il faut être prêt à sortir la carte bleue… Et puis ce que vous vous apprêtez à découvrir vaut vraiment cette dépense.

Compter deux bonnes heures de balade du centre d’accueil jusqu’au lac de Rotomahana. Vous pourrez faire le chemin de retour en bus si vous êtes un peu juste au niveau du temps : c’est compris dans votre billet.

L’activité volcanique de la vallée de Waimangu est récente à l’échelle terrestre : les cratères et les lacs sont nés après l’éruption du mont Tarewera, le 10 juin 1886 ! Ce gigantesque événement a entrainé la destruction complète de la faune et de la flore sur plusieurs kilomètres aux alentours et a façonné le visage de la vallée actuelle.

Conséquence directe de l’éruption, un geyser était visible dans la vallée de Waimangu entre 1900 et 1904. Le Black Water Geysers éructait toutes les 36 heures et le jet d’eau pouvait atteindre 400 mètres de hauteur, le plus grand geyser connu au monde !

D’ailleurs la vallée est championne des superlatifs puisqu’elle héberge aussi le Frying Pan Lake, le plus grand lac d’eau chaude au monde (3,8 hectares). En moyenne (et en surface !) la température de l’eau est de 55 °… On n’y mettra pas notre main !

Tout le long de la balade, nous suivons un ruisseau d’eau chaude, directement alimenté par le Frying Pan Lake. Les algues et les minéraux qui se développent grâce à l’acidité de l’eau et de la terre colorent les berges d’un camaïeu de bleus, de verts et d’orangés.

Nous montons quelques marches pour découvrir l’Inferno Crater Lake… Situé dans un cratère qui a explosé en 1886, le lac, d’un bleu pâle magnifique, est entouré de falaises en pierre blanche qui font davantage ressortir sa couleur si particulière.

L’Inferno Crater Lake est surtout connu pour être le plus grand geyser de sa catégorie : ceux des invisibles à l’œil nu. En effet, le phénomène se produit à 30 mètres de profondeur, au fond du lac. Le seul événement visible est donc une modification de la hauteur de ses eaux brûlantes (80° en surface) : en éruption, le lac déborde et alimente la rivière d’eau chaude située en contre bas.

Les terrasses de marbre

Nous continuons la découverte de cette vallée par le chemin du Mount Hazard. De là-haut, on peut découvrir la chaîne de cratères formés la nuit du 10 juin 1886. Le sentier est plutôt périlleux et sportif à certains endroits, mais il vaut le détour : avec la vue, au loin sur le volcan Tarawera, on comprend alors l’importance et la violence de l’éruption de 1886, qui a complètement changé la physionomie des lieux.

On redescend tranquillement jusqu’au lac Rotomahana. La balade est rythmée par les fumerolles dans les montagnes, témoins de l’activité volcanique en sommeil. On traverse des terrasses de marbre, qui sont en fait des dépôts de silices accumulés par les ans et qui donnent ces couleurs blanches et oranges puissantes.

Le sentier débouche sur les bords du lac de Rotomahana et sa réserve d’oiseaux. Nous avons juste le temps de pique-niquer sur le ponton avant de prendre le car qui nous ramène aux portes du parc. Une magnifique journée touche à sa fin.

Demain, place à la ville de Rotorua et ses alentours. Après en avoir pis plein les mirettes, ce sont maintenant notre sens olfactif qui va être mis à rude épreuve ! Mais ça, c’est une autre histoire qu’on ne tardera pas de vous raconter.

  1. C’est vraiment beau. J’ai hâte d’aller en NZ après l’Australie. Par contre, ça serait cool de mettre aussi une carte à l’échelle des deux îles, plus facile pour repérer les lieux dont vous parlez 🙂

    • Hello Kenza !

      Très bonne idée pour la carte des deux îles, je vais essayer de modifier ça 🙂 En attendant, tu peux toujours dézoomer la carte pour avoir un aperçu d’où c’est à peu près.

      Tu penses débarquer quand en Nouvelle-Zélande ?

  2. Ça me rappelle des souvenirs, tout ça^^
    Du coup, vous n’êtes pas passés devant les sources chaudes qui se jettent dans la rivière ? C’était un spot idéal pour faire trempette !

  3. Salut Camille,
    Si vous êtes toujours sur Rotorua ou que vous y repasser prochainement, fais-moi signe, c’est plus facile de découvrir avec un local 🙂
    Et ça fait toujours plaisir de retrouver des bretons.

    • Bonjour Gildas et merci pour ton commentaire 🙂

      On a quitté Rotorua, mais on y retournera certainement car on a pas pu tout faire ! Et ça nous ferait vraiment plaisir d’avoir un guide pour mieux découvrir la ville. On te tient au courant et merci de ta proposition 🙂

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