Alors qu’on vadrouillait dans le Northland, on est tombé, presque par hasard, sur une offre de HelpX qui sortait de l’ordinaire… On a postulé, et on a pas été déçus.

Tout comme le Wwoofing, le HelpX est un travail volontaire : en échange de quelques heures par jour, vous êtes nourris et hébergés par un hôte. Si auparavant, le Wwoofing se concentrait quasi exclusivement sur les fermes biologiques et le HelpX offrait un large panel de missions (peinture, travail à la ferme, construction…), aujourd’hui, la frontière entre les deux n’est plus aussi distincte : vous trouvez de tout sur chacun des sites ! 

C’est dans le cadre d’un HelpX que nous avons rencontré Chris et sa famille, ainsi qu’un tas de personnes adorables lors du National Homebirth hui, comprenez : la rencontre annuelle des défenseurs de la naissance à la maison.

Le deal est simple : en échange d’aider à la cuisine ou de surveiller les (nombreux) enfants présents, le gîte et le couvert nous était offert dans le marae (prononcez ma-raï) d’Umupuia.

Le cadre du marae est juste parfait : situé en bord de mer, sur les terres sacrées de la tribu Ngai Tai, le marae est bordé par la forêt et la rivière Wairoa.

L’accueil au marae d’Umupuia

Le Homebirth Hui n’est pas lié à la culture maorie : le lieu a été choisi non pas pour son aspect culturel, mais plus pour le cadre calme, reposant et inspirant qu’il offre. C’est la troisième année consécutive que le groupe, venu de toute la Nouvelle-Zélande se retrouve dans cet endroit. Et comme chaque année, les invités sont accueillis par la famille qui vit sur place.

Cependant, pour passer trois jours dans un marae, il faut y être invité et accueillie, grâce à la cérémonie du Powhiri (prononcez “pour-fi-ri”). Les chants et les discours de ce rituel de bienvenue permettent de fouler les terres ancéstrale d’Umupuia.

Avant d’arriver au marae, Chris nous a expliqué les codes de la cérémonie du Powhiri d’Umupuia. C’est un évènement formel : les femmes doivent donc porter une jupe de couleur foncée et tombant au-dessous des genoux alors que les hommes doivent se présenter habillés de vêtements longs.

Nous n’avions jamais assisté à ce genre d’accueil et nous n’aurons pas la chance de voir deux fois le même protocole : selon la région, le iwi (la tribu), ou encore le marae, les codes et le déroulement du powhiri sont différents.

À Umupuia, la cérémonie se déroule devant le wharanui, la maison commune du marae. Le groupe de visiteurs s’avance vers le Wharanui aux chants des femmes des deux tribus. Une fois devant le bâtiment, les hommes sont invités à s’asseoir sur les premiers rangs, les femmes derrière eux. Le chef de la tribu hôte entame alors le premier discours. D’abord en Te Reo (la langue maorie) puis en Anglais, il nous raconte l’histoire de ses terres et du wharanui, dans lequel sont conservés les âmes de ses ancêtres, sculptées dans le bois du bâtiment.

Il nous explique ainsi que, malgré son visage qui inspire la crainte, son ancêtre est aimante et nous accueillera dormir en son sein. Dans la culture Maorie, le wharanui est une maison particulièrement sacrée : entrer dedans signifie pénétrer dans le corps de l’ancêtre qui le garde. C’est un lieu de paix et de repos où la tribu honore les siens.

Chaque partie du discours est entrecoupée par des chants. C’est ensuite au chef des visiteurs de parler (en maori et en anglais toujours) et de remercier ses hôtes. Ce dernier dépose également le koha. Cette offrande, constituée de pièce de monnaie ou de petits cadeaux, est la preuve que les invités viennent en paix. C’est aussi un signe de respect envers l’ancêtre qui veille sur les lieux.

La cérémonie d’accueil se termine par le hongi. Symbolique, ce salut maori permet d’échanger le ha, le souffle de vie, entre deux personnes. C’est pourquoi, en plus de presser son nez contre celui de l’autre, il faut inspirer profondément.

Juste après avoir salué tous ses invités, la famille nous invite à boire le thé et à manger pour sceller la cérémonie de bienvenue. Ils ont ensuite quitté le bâtiment pour laisser le hui commencer.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à regarder cette vidéo sur les différents powhiri. Vous y découvrirez une cérémonie assez similaire à celle à laquelle on a assisté.

Le HelpX : coup de main dans la bonne humeur

C’est la troisième année consécutive que le meeting du Homebirth se tient dans le marae d’Umupuia. Pendant trois jours, une vingtaine de femmes (et un seul homme !) venues de toute la Nouvelle-Zélande se retrouvent pour échanger autour de ce thème, de la santé et plus généralement de l’éducation.  De notre côté, on a très peu assisté aux échanges … il faut dire qu’on ne se sent pas vraiment concerné et qu’on est déjà bien occupé !

Notre rôle consiste à aider les trois cuisinières à préparer les repas pour la quarantaine de personnes qu’on est (enfants inclus). Nous sommes quatre Français à faire la cuisine, la plonge, servir, ranger, nettoyer… dans une super ambiance.

Petit bémol : la plupart du temps, les repas servis sont végétariens, voire même végétaliens… On va dire que nos estomacs s’en souviennent encore… et que Pierre-Jean et Pierre ne rêvaient que d’un très bon morceau de rumsteck a se mettre sous la dent ! Bon, même si certains des plats ne correspondent pas à notre “régime backpacker” (qui se concentre autour du riz, des pâtes et des noodles, en gros !), on a fait quelques découvertes culinaires dépaysantes ! Pauway, cuisinière maorie, nous a fait goûter des fleurs, dont l’arôme épicé rehausse les plats de légumes. On a aussi fait infuser des feuilles d’un arbre très commun ici pour boire un thé naturellement doux et épicé. Malheureusement, je n’ai pas noté les noms immédiatement et je ne m’en souviens plus (bouh !).

Si on devait faire un petit bilan, on dira que c’est avant tout la bonne humeur et le rire que l’on retient de ces trois jours. Le temps a filé à la vitesse de l’éclair. Nous avons rencontré des gens charmants et ouverts avec qui nous avons passé de très bons moments à raconter notre voyage, notre projet mais aussi à écouter leur vision de leur pays, du monde… Tous nous ont remerciés de notre participation, certains nous donnant même leur numéro pour un éventuel Wwoofing, plus tard, pendant nos vadrouilles.

marae umupuia helpx

Umupuia, une terre riche d’histoires

La dernière après-midi est déjà bien avancée, le marae se vide petit à petit de ses invités. Il ne reste plus que nous, avec la famille de Chris et les autres organisatrices, ainsi que les cuisinières.

Nous avons profité du beau temps pour faire voler le drone afin de découvrir la terre sacrée des Ngai Tai vue d’en haut. Impressionné de voir son marae sous ce nouvel angle, Laurie Beamish, le chef de famille maori nous a invités chez lui pour nous présenter ses ancêtres.

Eglise-Marae-helpx

Né sur ces terres, il est l’un des descendants de la tribu Ngai Tai (prononcez Nai Tai) qui s’est installés à Umupuia il y a bien longtemps. Tribus de pêcheurs et de cultivateurs, les Ngai Tai ont un rapport à la mer et à la rivière privilégié. On aurait pu croire qu’avec la forêt attenante, ces Maoris auraient développé des techniques de chasse, mais ici, le gibier se fait rare.

Laurie nous a donc présenté un à un ses ancêtres en remontant aux premiers portraits disponibles, peints lors de la colonisation. Chef de guerre important et redouté, le portrait de l’un de ses premiers ancêtres est d’ailleurs exposé au musée d’art d’Auckland.

Il nous a aussi présenté des outils, taillés par ses ancêtres et retrouvés lors des travaux d’aménagement sur les terres du marae. Des objets de pierre et d’os utilisés notamment pour sculpter le bois, pêcher ou bien travailler la terre. Dans sa collection d’objets, cet homme conserve précieusement le taiaha de son arrière grand-père. Cette arme a deux faces : à la pointe est sculpté un visage et est présenté en premier lieu à son adversaire. Si ce dernier se montre amical alors il n’y a pas de combat. A contrario, s’il se montre hostile, la seconde extrémité de la lance est façonnée pour asséner des coups à son adversaire. Vu l’état de la lance et la période à laquelle elle a été créée, il y a de fortes chances qu’elle ait été utilisée lors des dernières guerres entre colons et maoris ou lors de guerres de territoire !!

Nous avons passé quelques heures avec le chef du marae et sa femme. On a ainsi découvert la signification de ses tatouages, qui nous paraissaient abstraits au premier abord. Ancien marin-pêcheur, chaque centimètre de peau noircie par l’encre dess aiguilles racontait sa vie, son métier, ses réussites. Une véritable autobiographie inscrite à jamais sur sa peau. Il nous a d’ailleurs raconté que ce n’est pas lui qui a décidé de ces dessins : chaque tatoueur qui a croisé sa route à dessiné et à gravé lui-même la représentation qu’ils avaient de l’homme. Une belle preuve d’hommage et de reconnaissance par ses paires.

On a eu du mal à quitter nos hôtes tant ils étaient passionnés et passionnants ! Mais il est temps de dire au revoir et de reprendre la route vers le nord où nous attend un autre wwoofing. On s’est promis de garder contact et même de se revoir si nous passions à nouveau sur la Maraetai Coast Road…

  1. Kia ora – My wife Zaelene and I met you at the Marae and we are in the photos you poste, we re far left me in grey top and Zaelene in with white scarf. Can you post the photos and videos of the Marae on a website or some other media Ii can “grab” them from?? I like the photos very much. Thank you Revell

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