La Nouvelle-Zélande, membre du Commonwealth, a été l’objet de grands débats concernant sa découverte. Est-ce James Cook, comme l’histoire le retient, Abel Tasman avant lui n’avait-il pas déjà cartographié une partie de l’île ? Et que dire des Espagnols et Portugais ?

Si l’histoire vous intéresse, plongez avec nous à la recherche du premier découvreur de Nouvelle-Zélande. Vous pourriez être surpris !

De l’époque moderne à Abel Tasman

Les navigateurs espagnols et portugais sont les premiers Européens à se lancer à la conquête du Pacifique dès 1513. Ils ont ainsi découvert les Indes de l’Est (aujourd’hui l’Indonésie) en passant loin au large de la pointe nord de la Nouvelle-Zélande. L’étendue d’eau infinie dans cette zone maritime les amena à spéculer sur l’existence d’une Terra Australis Incognita.

Au début du 17ème siècle, les Hollandais, alors devenus indépendants de l’Espagne, ont envoyé leurs vaisseaux à la découverte du pacifique. L’objectif était de trouver de nouvelles mines de métaux précieux. Ils ont ainsi cartographié la côte ouest et une partie des côtes nord et sud de l’Australie, sans savoir jusqu’où ces terres s’étendaient à l’Est.

Abel Tasman Portrait

“AbelTasman” par Jacob Gerritsz
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Il faudra attendre 1642 et le hollandais Abel Tasman, qui est le premier à cartographier une petite partie de la Nouvelle-Zélande. Parti de Batavia (aujourd’hui Jakarta, située sur l’île de Java) avec deux bateaux, Abel Tasman a d’abord mis le cap vers Maurice, une colonie hollandaise, avant de reprendre route vers l’Est en passant au sud de l’Australie. C’est ainsi qu’il a découvert la Tasmanie, le 24 novembre 1642. Une quinzaine de jours plus tard, vers le 13 décembre, Tasman observe « un large espace de terre, surélevé ». Il venait de voir la Nouvelle-Zélande.
Il navigua autour de Farewell Spit et s’engouffra dans l’actuelle Golden Bay, au nord de l’île du Sud.

Décidé à explorer ces terres inconnues, Tasman envoya un bateau vers les côtes. Mais ce dernier sera percuté par un canoë maori, venu à la rencontre de ces inconnus. Quatre matelots seront tués. Cet événement conduit Abel Tasman à baptiser cet endroit Murderers Bay, la baie des meurtriers. Il reprit sa route vers les îles D’Urville, mais le mauvais temps l’empêcha d’arpenter cette zone du Pacifique.

James Cook, le navigateur anglais

En 1768, James Cook, alors premier lieutenant de la Marine anglaise prend la mer en direction du pacifique sud, à bord du célèbre Endeavour. Sous couvert d’observer le passage de Vénus devant le disque solaire, l’objectif caché de sa mission était de découvrir la Terra Incognita qui agite les scientifiques depuis l’Antiquité.

James Cook peinture Nouvelle-Zélande

Peinture de John Webber, 1776. Exposée au Musée de Te Papa, Wellington
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James Cook a d’abord accosté à Tahiti où il reste 3 semaines et sympathise avec ses habitants. En repartant, cap au sud, il est accompagné d’un chef et navigateur tahitien.

Le 6 juin 1779, le jeune chirurgien du navire, Nick Young repéra une lande de terre. Deux jours après, Cook aborda la Nouvelle-Zélande à Poverty Bay (situé aujourd’hui près de Gisborne). L’équipage fût accueilli de manière traditionnelle par quatre Maoris armés. Dans la peur et la confusion, un matelot tua un autochtone par arme à feu.

Après cet épisode, Cook repris la mer pour explorer la côte est de l’île nord.
Le 15 janvier 1770, il ancra son navire dans le Queen Charlotte Sound et aperçut, pour la première fois, le sinueux détroit qui sépare les deux îles et qui porte désormais son nom.
Son premier, et plus long, voyage sera suivi par deux autres expéditions, bien plus courtes où James Cook prendra peu à peu contact avec la population locale.

Alors, Tasman ou Cook ?

Entre ces deux Européens, qui a vraiment découvert la Nouvelle-Zélande ? L’histoire retient James Cook, car c’est grâce à lui que la Nouvelle-Zélande est passée sous le pavillon anglais.
Pourtant, historiquement, Abel Tasman est le premier Européen à fouler le sol de la Nouvelle-Zélande. Mais bien avant lui, d’autres navigateurs chevronnés s’étaient déjà installés dans la verdoyante Nouvelle-Zélande. Je vous le donne dans le mille : le peuple maori, descendant des îliens du Pacifique a découvert cette terre plus de 600 ans avant les Européens.

En effet, l’Histoire ne mémorise pas, ou peu, que la Nouvelle-Zélande était habitée bien avant que Tasman ou Cook débarquent sur l’archipel.
Les Maoris se sont établis en Nouvelle-Zélande vers l’an 1000 (les dates diffèrent entre l’an 800 et l’an 1000). Issus des peuples polynésiens, ces explorateurs de la première heure ne figurent pas à leur juste place dans l’histoire. Relégués au second plan, souvent considérés comme peu accueillants, ils ne sont pas ceux qu’on retient lorsqu’on nous enseigne les “découvreurs” de la Nouvelle-Zélande.

Portrait maori James Cook

Portrait d’un maori, peint par un membre de l’équipage de James Cook
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Une suprématie blanche ?

Cet article, nous avons décidé de l’écrire suite à l’interview d’un joueur de rugby samoan, Eliota Fuimaono-Sapolu, dénonçant la suprématie blanche sur les peuples polynésiens.
D’origine samoane, mais ayant vécu une grande partie de sa vie en Nouvelle-Zélande, il pointe du doigt le sort que l’histoire réserve aux Maoris.
Ainsi, il racontait qu’une des questions souvent posées était « qui a découvert la Nouvelle-Zélande ? » S’il écrivait « les Maoris », on lui donnait systématiquement faux : il fallait dire Abel Tasman ou James Cook. De même, s’il est capable de citer tous les rois et Reines d’Angleterre, il n’a rien appris sur la culture maorie.

Par cet article, on souhaitait surtout pointer un paradoxe néo-zélandais. Très fiers de leur origine, de leur culture, ils en saisissent cependant seulement des morceaux choisis. Le paternalisme des blancs envers les Maoris est encore très présent en Nouvelle-Zélande. Considérés comme une minorité, surtout composés de délinquants, identifiés comme la population pauvre et sous-éduquée, leur culture est pourtant encensée et portée en étendard de l’identité kiwi.

C’est un sujet sur lequel on aura l’occasion de revenir plus longuement, mais l’histoire de la découverte de la Nouvelle-Zélande nous apparaissait comme un très bon exemple pour vous faire découvrir l’un des paradoxes de la Nouvelle-Zélande.

  1. Tu m’en apprends de nouvelles ! Il y a aussi notamment un film pas mal sur la vie d’une famille maorie moderne dans les banlieues d’Auckland, qui mets en avant la marginalisation (quand même beaucoup moins importante aujourd’hui) de la population maorie. Malheureusement j’en ai oublié le nom. Bon puisque tu as l’air calé, je vais essayer de te poser une colle (en même temps je n’ai jamais su la réponse), on on prononce TasmAN ou TasmANE ? 😉

    • Le film s’appelle ‘Once were warrior’, ‘L’âme des guerriers en français.
      Bon article mais si je peux me permettre il vous manque l’histoire de Dumont d’Urville !

      • Bonjour Jean et merci pour ton commentaire !
        En effet, on aurait pu mentionner Marion Dufresne mais il est arrivé après Cook et on a choisi de ne pas aller plus loin pour notre histoire. Cependant, de nombreuses légendes racontent que si la couronne d’Angleterre s’est dépêché d’envoyer Cook vers la Nouvelle-Zélande, c’est notamment parce que l’expédition de Marion Dufresne était programmée ! Un peu plus et la Nouvelle-Zélande aurait été française ^^

    • Merci pour ton commentaire Yoan !
      Effectivement, c’est tardif, mais comme la Nouvelle-Zélande est perdue au milieu de l’océan, elle est quand même difficilement joignable depuis la Polynésie 🙂

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